Vernissage de la Vitrine des Essais – 6 octobre

Le Rêve de l’Ours
sculptures ANNE-MARIE DUROU
papiers peints CORINNE SZABO

Vernissage le jeudi 6 octobre devant la Vitrine des essais, 18h/20h (Pot à l’intérieur

En novembre 1859 paraît en Grande-Bretagne L’Origine des espèces de Charles Darwin. L’auteur y établit que les plantes comme les animaux, homme compris, dérivent d’un petit nombre de formes primitives, voire d’une seule : en brouillant la délimitation des espèces entre l’homme et l’animal et en suggérant que la vie naît à partir d’une même matière, une nouvelle ère dans l’histoire des frontières entre les espèces est inaugurée.

En 1921 paraît en Allemagne Environnement et monde intérieur des animaux dans lequel Jacob van Uexkull critique également la science classique qui voit notre espace comme un monde unique. L’auteur suppose au contraire une infinie variétés de modes perceptifs, parfaitement reliés les uns aux autres. Ses travaux sur l’oursin, l’amibe, la méduse, l’anémone de mer, l’abeille, la libellule ou la tique montrent que les relations qu’entretient un animal déterminé en son milieu ne sont pas les mêmes que les nôtres mais sont reliées dans le même mouvement de vie..

C’est d’après ces deux théories, qui font voler en éclats toute idée de hiérarchisation et de domination des espèces par l’homme, que les artistes Anne-Marie Durou et Corinne Szabo proposent une scénographie rendant compte de la perméabilité de nos existences avec le monde animal et végétal et de la mobilité de nos perceptions. Si Anne-Marie Durou développe un langage sculptural basé sur le composite et l’hybride qui inclut dans le même espace figures métamorphes et bestiaire improbable, dans un dialogue entre matériaux naturels et artificiels, Corinne Szabo théâtralise, quant à elle, les archives du disciple de Darwin, Ernst Haeckel, qui dans son ouvrage Les Formes artistiques de la nature (1899) montre que tous les êtres vivants proviennent de la même cellule préhistorique, la monere.

Dioramas et papiers peints scéniques accompagnent ici les figures oniriques, parfois espiègles, comme autant de manifestations des virtualités créatrices de la nature.

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