M2M – 13 janvier

Entre décolonisation et recolonisation : l’enjeu de l’environnement en Afrique

Guillaume Blanc
Professeur des universités à Sciences Po Bordeaux
Mardi 13 janvier – 17h00
Salle Paul Morin

Le colonialisme vert pèse sur le présent. 14 millions d’agriculteurs et de bergers ont été expulsés des parcs nationaux africains au XXe siècle, et aujourd’hui encore, cette violence perdure : déplacements forcés, criminalisation des agro-pasteurs, dépossessions, en Afrique, qui dit nature dit bien souvent injustice.
Pour comprendre cette histoire, il faut alors remonter au 5 septembre 1961. Une centaine d’hommes se réunissent à Arusha, en Tanzanie, pour lancer le « Projet Spécial Africain ». Et tous partagent la même ambition : pour sauver la nature africaine, « il faut envoyer des experts aider l’Afrique à s’aider elle-même ». Mais de quoi parlent-ils, exactement ? Les experts-gentlemen pensent à l’environnement global et à la bombe humaine qui le menace, les anciens colons reconvertis en experts internationaux voient l’Afrique de l’Est comme « la citadelle de la nature africaine », les dirigeants kényans, tanzaniens ou éthiopiens pensent patrimoine mondial, reconnaissance internationale et pouvoir, et les paysans parlent, eux, de ressources. En suivant la manière dont ces acteurs se rencontrent et s’affrontent, on peut alors comprendre comment un moment postcolonial a perpétué, par-delà les indépendances africaines, une violence qui s’exerce au nom de la défense de la nature.

Professeur des Universités en Histoire contemporaine à Sciences Po Bordeaux, chercheur associé au laboratoire « Les Afriques dans le monde », membre junior de l’Institut universitaire de France, membre du comité de rédaction de 20&21. Revue d’histoire, directeur de la collection « Histoire environnementale » des Editions de la Sorbonne, Guillaume Blanc est l’auteur ou co-auteur d’une quinzaine d’ouvrages, dont L’Invention du colonialisme vert (Flammarion « Champs », 2022), La nature des hommes (La Découverte, 2024), et, en 2025 (CNRS éditions), La nature de l’historien et Empires. Une histoire sociale de l’environnement.

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